Je venais à peine de sortir du taxi que je les ai vus.
Mon père et mon frère aîné, Chad, se tenaient sur le perron, comme si c’était chez eux, tels deux hommes gardant un butin qu’ils avaient déjà empoché. Ils n’étaient pas surpris de me voir. Ils semblaient satisfaits. Chad affichait ce sourire narquois et en coin qu’il arborait depuis le lycée chaque fois qu’il pensait avoir dupé quelqu’un. Mon père, lui, restait campé sur ses positions, les bras croisés, le menton relevé, comme s’il était la victime.
Le taxi s’éloigna, ses pneus sifflant sur la chaussée. Le bruit s’estompa, laissant place au calme de fin d’après-midi, seulement troublé par l’aboiement lointain d’un chien et le léger bruissement du vent dans les arbres.