À l’étage, la chambre principale, avec son plafond mansardé et sa lucarne, donnait l’impression d’être enveloppée dans l’espace. L’une des chambres était à peine assez grande pour un lit et une commode, mais sa vue sur la rue évoquait les matins paisibles : un café, le calme, à observer le quartier s’éveiller.
Ce n’était pas parfait.
Elle était habitée. Imparfaite. Authentique.
Et pour la première fois depuis longtemps, je n’avais pas l’impression d’être un intrus dans la vie de quelqu’un d’autre, attendant qu’on me demande de partir.
Les années qui avaient précédé ce moment n’avaient été qu’un flou, rythmé par de petits appartements beiges. Des murs fins. Des moquettes tachées. Des voisins qui se disputaient à deux heures du matin ou fumaient sur leurs balcons, l’odeur s’infiltrant dans mes rideaux. Je travaillais, je payais mon loyer, je renouvelais des baux que je ne pouvais pas me permettre de rompre. Toute ma vie tenait dans des cases étiquetées « temporaire », même quand j’essayais de me convaincre du contraire.