Et la sécurité, dans ma famille, n’a jamais été automatique.
Les week-ends, je prenais la voiture pour aller à Riverside et m’asseyais dans la maison vide de mes grands-parents, lumières éteintes, à écouter le vieux bois se tasser. J’ouvrais les tiroirs et j’y trouvais les torchons pliés de ma grand-mère, encore légèrement parfumés au savon à la lavande. Je découvrais des fiches de recettes écrites de sa main, glissées dans des livres de cuisine. Je suivais du doigt les initiales de mon grand-père gravées sous la rambarde du porche, une marque qu’il avait faite des décennies auparavant en réparant une planche qui se détachait et qu’il ne voulait pas que l’on remarque.
Ces visites m’ont permis de garder les pieds sur terre. Elles m’ont aussi rappelé ce que je protégeais.
Pas seulement des biens immobiliers. Pas seulement de l’argent.
Une promesse.
Chaque fois que je partais, je verrouillais les portes et vérifiais les fenêtres deux fois, puis je repartais en voiture, la poitrine serrée, comme si la maison elle-même pouvait se sentir seule.